• Sakina Traoré

Pour chaque cicatrice

1.

J’entre dans le gymnase le pas léger, mon sac de sport à l’épaule. Tout autour de moi est peint et décoré dans des tons de gris et de mauve. Ça sent aussi un peu la sueur mais quoi de plus normal, ici ?

J’avance le cœur battant vers la porte au fond de la salle et frappe doucement. Une voix calme et profonde me demande d’entrer et je tourne la poignée pour me retrouver en face de Madame Konan. Dès qu’elle me voit, un sourire s’élargit sur son visage et elle se lève pour m’accueillir.

- Liliane Okoye ?

- Moi-même. Ravie de vous rencontrer enfin Madame Konan

- Le plaisir est partagé. Vous avez fait bon voyage ?

- La route était longue mais oui, ça s’est bien passé

Elle m’invite à prendre place et nous sert un café pendant que mes yeux inspectent la pièce. A part son bureau et les trois fauteuils, la pièce ne comprend qu’un petit réfrigérateur qui semble ne plus fonctionner et une grande armoire qui contient une tonne de dossiers. Derrière elle, une dizaine de cartons sont empilés.

- Vous déménagez ? je lui demande quand elle pose une tasse fumante devant moi

- Déménager ?

- Les cartons derrière vous

- Oh non, ce sont des affaires d’anciennes locataires que je dois trier avant d’en faire don. Ça fait une éternité qu’ils sont là mais je croule sous le travail en ce moment

- Ah… je pourrais vous aider si vous voulez

- Mais non, vous n’avez que deux jours devant vous avant de commencer le travail, profitez-en pour vous reposer

Sur le coup, j’ai envie d’insister mais je m’abstiens. Il ne faut pas éveiller les soupçons dès le début. Je ramène donc toute mon attention à notre conversation et nous passons un long moment à parler de mon nouveau boulot, des règles à suivre, de la vision de l’association, des papiers administratifs à faire, etc.

Je ressors de là une heure plus tard, prête à démarrer ma nouvelle mission. Ma tête est pleine d’idées, de questions, de possibilités et je me demande où tout ça va me mener…

2.

C’est mon premier jour de cours aujourd’hui. Je quitte le dortoir une heure trop tôt pour avoir le temps de manger un bout en route et m’échauffer avant l’arrivée des participantes.

Je passe à la mini-boulangerie du centre et je prends un croissant et un café que j’avale en marchant vers le gymnase. Pendant le trajet, je regarde autour de moi, à l’affût de tout ce qui pourrait m’aider à trouver des preuves. La petite cité pour femmes de l’association SheForShe est calme ce matin. Seules quelques dames font les 100 pas ou installent leurs échoppes çà et là.

En les regardant vaquer à leurs occupations, si souriantes et sereines, je ne peux m’empêcher de me sentir comme une traître. D’un côté, je suis heureuse d’avoir enfin été assignée à cette mission de terrain mais j’aurais tout donné pour ne pas avoir à espionner ces femmes afin de boucler mon enquête.

Le 10 mai 1998, Léon M’ba, un homme de 32 ans en instance de divorce a été retrouvé mort à l’entrée de Bingerville.

Le 10 juin 1998, on trouvait le corps sans vie de Norbert Touboué, 48 ans, dans la lagune près d’Azito.

Le 10 juillet 1998, le corps de Franck Bilé, 27 ans, a été trouvé dans son studio à Abobo.

Les points communs entre tous ces meurtres ?

Après des enquêtes poussées, nous avons fini par découvrir que ces trois hommes étaient d’une violence inouïe avec leurs femmes et conjointes. Et devinez où ces dernières s’étaient réfugiées quelques temps avant que leurs violents ex se fassent tuer ?

Au centre d’accueil pour femmes de l’association SheForShe.

La directrice semble être le parfait suspect. Elle et la psychologue étaient les seules à avoir accès aux informations confidentielles sur les conjoints de ces femmes mais la psychologue a un alibi solide pour chaque meurtre : elle était hors du pays. On me dira qu’elle aurait pu engager quelqu’un pour faire le sale boulot à sa place mais les preuves que nous avons pointent plus vers une femme. Même si mon instinct me dit qu’il me faut chercher ailleurs ; plus loin que ces deux femmes-là.

Je reviens sur terre quand les premières femmes arrivent dans la salle. Pour infiltrer le centre et trouver des preuves, mon supérieur et moi avons décidé qu’il serait plus plausible que je me fasse embaucher ici comme professeur de self défense. J’ai pris des cours pendant deux semaines et maintenant, me voilà prête à enseigner avec un faux CV et des connaissances emmagasinées à la hâte.

- Bonjour mesdames ! Bienvenue au cours de self défense, je suis Liliane, votre coach. Mais vous pouvez m’appeler Lili…

3.

« Je dis oh, madame Konan a quoi ? J’ai vu sur sa porte, elle a collé un mot pour dire qu’elle sera absente toute la semaine. »

« C’est son dos qui la fatigue encore oh, je l’ai vue avant-hier, elle avait repris sa canne ! »

Cachée derrière la porte des vestiaires, j’écoute discrètement la conversation de mes élèves du jour. Nous venons à peine de terminer la séance et je m’apprêtais à rentrer quand je les ai entendues papoter.

Cela fait déjà trois semaines que je suis là mais je n’ai toujours rien appris de concret. Peut-être qu’aujourd’hui, c’est enfin mon jour !

« Mais je croyais que le traitement de Léna l’avait soulagée ? »

« A peine ! Elle allait mieux pendant quelques semaines mais ça a recommencé encore »

« Ooh la pauvre. Donc il lui faut une assistante alors, parce que le centre ne peut pas tourner sans elle hein »

« Depuis deux ans on lui dit ça mais elle ne veut pas comprendre ! Elle préfère travailler de chez elle quand ça ne va pas »

« Hum, en tout cas. On va la voir avant de rentrer ? »

« Oui, ce serait bien qu’on passe chez elle »

Dans ma tête, tout tourne à cent à l’heure. Madame Konan a des problèmes de dos ?

Je reste un instant interdite, le temps que l’information se fraie un chemin vers mon cerveau, puis je m’éloigne doucement de la porte des vestiaires et sort du gymnase. Dehors, la nuit est déjà tombée et ma montre indique qu’il est 19h02.

Je contourne le bâtiment et retourne à l’intérieur par la petite porte arrière. De là, je suis tout prêt du bureau de la directrice et personne ne peut m’entendre marcher.

J’avance quand même à pas feutrés vers la porte et tombe sur l’inscription manuscrite collée sur sa porte, écrite en lettres capitales : « EN CONGES MALADIE POUR TOUTE LA SEMAINE, CONTACTEZ-MOI AU 09 08 70 60 OU RETROUVEZ-MOI EN CHAMBRE F15 ». Je sors mon téléphone, vérifie qu’il est sur silence et je prends une photo de l’inscription.

Puis je ressors encore une fois du gymnase et je marche aussi rapidement que possible en essayant de ne pas attirer l’attention sur moi. Dans mes dossiers, il y a un détail qui m’a longtemps intriguée et qui pourrait innocenter Madame Konan ; mais il faut que je vérifie avant d’appeler mon chef.

4.

Dès que la porte de ma chambre est refermée derrière moi, je jette mon sac à terre et me dirige vers mon lit. Je m’accroupis devant et tire le dossier que j’avais coincé entre le matelas et le sommier.

Puis je m’assieds à même le sol en ouvrant le tout. Je vais directement sur le cas du troisième meurtre. Celui de Franck Bilé, le jeune homme de 27 ans qui battait sa copine. Tous les soirs. Comme un putain de rituel.

Je parcours rapidement les pages et mes épaules se relâchent instinctivement quand je retombe sur les résultats de l’autopsie sommaire effectuée sur son corps. Cause de la mort : fracture de la colonne vertébrale.

L’assassin a assommé les deux premières victimes avant de les tuer par strangulation mais Franck a été tué après une bagarre monstre. Tout son appartement a été saccagé et il a été retrouvé l’abdomen transpercé par un long morceau de verre brisé.

Il était étalé sur sa table basse alors nous avons supposé que son meurtrier l’y avait poussé mais Donnie, le médecin légiste a dit en rigolant : « on dirait plus que quelqu’un l’a soulevé et balancé sur cette table ».

A cause du mode opératoire différent, nous pensions que c’était un cas isolé mais après plusieurs fouilles de son studio, on a trouvé une petite feuille cartonnée mauve avec l’inscription manuscrite « SFS ». La même qui avait été retrouvé sur les autres victimes.

Mon smartphone en main, j’affiche dans ma galerie la photo que j’ai prise de l’inscription de madame Konan et je compare son écriture à celle sur les feuilles cartonnées laissées sur les meurtres : ce ne sont définitivement pas les mêmes.

J’attrape mon deuxième téléphone sous mon matelas et compose le numéro de Maxime Yanel, mon supérieur. Une sonnerie plus tard, sa voix résonne dans mon oreille.

- Yanel à l’appareil.

- Yanel, c’est Rose.

- Dis-moi

- Ce n’est pas Madame Konan. L’écriture sur le papier laissé par la victime, si c’est bien une écriture de femme, ce n’est pas celle de Madame Konan. J’ai vérifié en comparant avec un mot manuscrit qu’elle a collé sur la porte de son bureau

- Elle aurait pu changer d’écriture, Rose

- Oui, elle aurait pu. Mais tu te souviens, quand Donnie a dit que Franck Bilé semblait plus avoir été soulevé et balancé sur sa table basse ?

- Oui

- Madame Konan a des problèmes de dos depuis deux ans. C’est si grave qu’elle n’arrive souvent pas à marcher. Même si elle semble encore jeune pour une dame de la quarantaine, elle n’aurait jamais pu soulever un jeune homme 27 ans, qui faisait presque 80 kilos

- Hum… Elle aurait pu engager quelqu’un et lui remettre les feuilles pour qu’ils les laissent sur le corps

- Alors pourquoi est-ce que cette personne a changé de mode opératoire avec Franck ? Cette personne voulait une mort violente pour lui

- C’est quoi ta théorie ?

- Je pense que le meurtrier est bien une femme. Le mot et les empreintes de chaussures le prouvent. Mais je crois que cette femme, a voulu une mort plus atroce pour Franck à cause de ce qu’il a fait à sa copine

- Il l’a battue jusqu’à ce qu’elle perde leur enfant et en devienne stérile

- Oui, c’est ce que les voisins m’ont raconté

- Hum… Une femme capable de se battre comme ça, avec un homme de ce gabarit ? Tu penses que ça peut être une des professeurs du centre ?

- Il y en a deux autres à part moi : Christelle Doffou, qui était enceinte de 7 mois et alitée au moment du premier meurtre donc impossible que ce soit elle. Et Maud Alley, professeur de kick-boxing. Elle est plutôt costaud pour un si petit bout de femme donc je la garde sur ma liste de suspects

- Ok. Rappelle quand tu as du nouveau.

- Bien entendu.

Je raccroche et m’étale de tout mon long sur le sol froid de ma chambre. Où va me mener cette histoire ?

5.

Une semaine plus tard

- J’ai une amie, qui est en prison aujourd’hui parce qu’elle s’est fait justice elle-même. Les policiers n’arrêtaient pas de lui sortir des « sois une meilleure épouse et il arrêtera de te battre », « on ne porte pas plainte contre son époux, vous vous êtes crue où ? »… alors elle a craqué et lui a enfoncé un couteau dans le cœur pendant qu’il dormait

- Oh noon, tu vois ? C’est pour ça qu’il faut que les autorités fassent leur travail ! Maintenant la pauvre est en prison et le monsieur est mort atrocement parce que personne n’a voulu bouger le petit doigt !

- Tu ne penses pas qu’il méritait cette mort ?

- Ecoute Lili, je suis absolument contre les violences conjugales. C’est parce que j’en ai eu marre de rester dans mon salon à m’en plaindre que j’ai décidé d’enseigner le kick-boxing à ces femmes pour qu’elles puissent se défendre. Mais je leur répète tous les jours de se défendre, de ne pas agresser, de courir tant que c’est possible. La violence pour régler la violence ? Je n’y crois pas !

- Je suis de ton avis hein Maud ! C’est juste que ça m’a surprise, tu sembles prête à botter des culs à chaque instant !

En riant, elle me répond : « j’arbore cet air farouche pour dissuader les gens mais je ne me suis jamais battue ! Jamais ! »

J’ai croisé Maud un peu plus d’une heure plus tôt alors que j’allais rendre visite à Madame Konan. Elle porte une culotte de sport et une brassière, ce qui me laisse voir ses jambes fuselées et ses bras musclés… et pas une seule cicatrice à l’horizon. Certaines parties de son corps sont un peu rougies par la séance d’entraînement qu’elle vient d’avoir mais rien de plus.

Je croyais vraiment être sur une bonne piste mais après un long moment à écouter son avis sur la vengeance et la violence, je suis presque sûre qu’elle n’a rien fait à ces 3 hommes. Retour à la case départ.

Nous marchons encore un peu toutes les deux et puis nous nous séparons devant la boutique du centre. Elle repart vers sa chambre et je continue ma route jusqu’au gymnase pour donner cours.

Quand j’arrive, je me rends compte que l’endroit est un peu plus désordonné que d’habitude. Les tapis de cours sont jetés négligemment les uns sur les autres, quelques mouchoirs et bouteilles d’eau traînent dans la salle et une odeur de sueur plus forte que d’ordinaire se fait sentir.

- Bonjour les filles ! Qu’est-ce qui s’est passé ici ?

- Bonjour Lili, ah Generosa est malade oh

- Generosa ?

- La fille qui fait le ménage pour nous

- Ah... et l’entreprise n’envoie personne pour la remplacer ?

- L’entreprise ?

- Elle vient d’une équipe de nettoyage, non ?

- Non, elle fait ça gratuitement pour nous depuis environ 4 mois

- Ah bon ? La dame que je vois ici chaque soir là ?

- Dame ? Lol, c’est une jeune fille hein. Si elle a trop, c’est 25 ans

- Et elle travaille ici gratuitement ? Pourquoi ?

- Ah on ne sait pas trop. Peut-être pour donner l’aide qu’elle n’a pas reçue, elle-même

- Comment ça ?

Mes 10 élèves se regardent, l’air de ne pas trop savoir si elles doivent en parler et puis Marlène hausse les épaules et me répondant :

- Son copain la frappait. Tellement qu’elle a perdu leur bébé

- Seigneur !

A ce moment-là, une ampoule semble s’allumer faiblement dans mon esprit. Je fais le lien entre cette nouvelle information et le cas de Franck Bilé, sans trop y croire

- Hum, ces hommes nous font passer par tous types de cauchemar avec leurs poings, Liliane !

- J’imagine… la pauvre

- Et tu ne connais pas le pire ! Elle a quitté Daloa pour aller rester chez son frère à Abengourou mais l’idiot est allé se battre avec les gens là-bas pour la ramener

- Et il a fini par tuer le frère de la fille, serré le cou de l’enfant jusqu’ààà, personne n’a pu l’arrêter

- Quand ils l’ont mis en prison pour meurtre, quelques mois après, elle est venue ici. Début Mai, je crois.

Là, je me dis que ça fait beaucoup trop de coïncidences. La baston jusqu’à la fausse couche. La mort par strangulation. La période de son arrivée au centre.

- Et c’est elle qui nettoie tout ici ? Le bureau de madame Konan, tout ça ? Elle est gentille hein

- Oui oh c’est elle qui nettoie. Quand elle ne peut pas faire ça le soir, madame Konan lui remet les clés du gymnase et du bureau et elle vient nettoyer le weekend.

Donc elle a accès à toutes les informations sur les conjoints des femmes admises au centre… Instinctivement, je regarde mon téléphone et voit que nous sommes le 10 août. 10 mai. 10 juin. 10 juillet. 10 août, et comme par hasard, elle est absente.

Sans prendre le temps de m’excuser auprès de mes élèves, je sors du gymnase en courant. Mes pieds vont plus vite que jamais et mon corps semble anticiper tous les obstacles sur mon chemin pour me faire avancer sans encombres.

Je sors du centre et arrête un taxi pour aller au commissariat. En route, je compose précipitamment le numéro de mon chef.

- Pourquoi tu m’appelles avec ton numéro personnel ?

Essoufflée par ma course, j’inspire profondément et lui répond :

- Pas eu le temps d’aller chercher l’autre. Je sais qui est la meurtrière ! Generosa, la femme de ménage du centre

- Explique-toi.

Je lui relate la conversation que je viens d’avoir avec les femmes du centre et il m’écoute religieusement jusqu’à la fin. Il me dit alors :

- Appelle Madame Konan et prends le numéro de cette Generosa avec elle, on va essayer de la localiser…

6.

- Vous vouliez vengeance ? Pour vous et ces femmes ?

Assise en face de moi, les mains menottées et posées sur la table, Generosa me regarde d’un air étonnamment serein. Nous l’avons retrouvée il y a deux heures, les mains autour du cou sans vie de Roland Malabi, un homme de 37 ans dont la femme a été admise au centre SheForShe, il y a trois semaines. Il n’y a pas d’issue positive pour elle. Que la prison. Et pourtant, elle nous a suivis sans faire de vague et a depuis cette expression sereine sur le visage.

- Generosa ?

- A chaque fois qu’on sortait, Brice comptait le nombre de sourires d’hommes que je recevais. Et regardez-moi, je suis belle aujourd’hui mais je l’étais encore plus à l’époque. Quand on rentrait après, il me donnait un coup, pour chaque sourire qui m’avait été adressé. Pendant des années, j’ai subi sans rien dire. Jusqu’à ce qu’il me tape tellement que j’en ai perdu mon bébé.

- Et puis, vous êtes partie…

- Oui, je suis partie. Je mentirais si je disais qu’à ce moment-là, j’étais partie pour de bon. Somehow, je me sentais encore attachée à lui. Je serais peut-être revenue… s’il n’avait pas tué mon frère en essayant de me récupérer

- …

- Alors je suis venue à Abidjan. J’ai pris des cours de self défense et de karaté que je payais grâce à un boulot de nounou. J’ai fait ça pendant des mois. J’ai pris du muscle, j’ai gagné en puissance et en assurance et je me suis juré, en proposant mes services au centre, que pour chaque cicatrice qu’il a laissée sur mon corps, un monstre de son genre perdrait la vie…

- Generosa

- Ils le méritaient ! Tous ces monstres le méritaient !

- Franck ?

- C’était le pire de tous. Il méritait une punition spéciale.

Je l’observe encore une fois et note mentalement les coupures qu’elle a au visage et aux bras. Si certaines de ces cicatrices semblent anciennes, celles-là viennent très probablement de sa bagarre contre Franck.

- Un monstre pour une cicatrice alors.

Elle fait oui de la tête et je pose mes mains sur la table, près des siennes.

- Et combien comptiez-vous en tuer ?

- 14. 14 cicatrices. 14 victimes.

- Il vous en reste alors 10

Ma réponse l’intrigue et elle lève la tête pour me regarder. Mon sourire la surprend encore plus et elle regarde autour d’elle, l’air de se demander si c’est un piège ou une blague.

- Il est 22h et il y a à peine 5 agents en poste ce soir, Generosa. Des agents que je peux réunir dans une pièce devant un bon match de football… avec le volume à fond.

- Qu… qu’est-ce que vous racontez ?

- 10 victimes Generosa. 10 monstres à mettre hors d'état de nuire. Je vous donne l’occasion de terminer ce que vous avez commencé. Vous savez les erreurs à ne plus commettre. Vous ferez mieux. A vous de voir.

Devant son air ébahi, mon sourire s’élargit et je pose devant elle une petite clé. Je sors de la salle en laissant la porte entrouverte et je vais retrouver mes collègues.

10 cicatrices de plus. Ces salauds le méritent. Pour elles. Et pour moi.

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