Il y a environ 6 mois, j'ai commencé à vendre des box littéraires avec ma co (ne cherchez pas à comprendre le nickname) Tchonté.

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Moi qui ai toujours pensé ne pas avoir le profil d'une commerçante, je me suis retrouvée à le faire avec entrain, passion et envie.


J'ai donc pensé à vous partager les leçons que j'ai apprises so far, en espérant qu'elles vous permettront à vous aussi de vous lancer et surtout de bien démarrer vos activités.


1. Tout le monde peut vendre.


Attention, je n'ai pas dit que tout le monde savait vendre, lol.


J'ai toujours pensé que je ne pouvais pas vendre.


" Poursuivre les gens et les convaincre de me donner leur argent ", ça ne me parlait pas du tout.


Mais tout comme l'idée de la vente de marques-pages m'est venue un peu par hasard, je me suis réveillée un jour et j'ai eu envie de proposer aux gens des box littéraires qui leur permettraient d'avoir des moments lecture de qualité.


Plusieurs mois plus tard, je me rends compte que vendre, c'est beaucoup plus facile quand on croit soi-même en son produit et qu'on le conçoit réellement selon les attentes de la cible.


Des livres de qualité, des accessoires qui comblent un manque (marques-pages), de quoi (an)noter les merveilleux passages qu'on lit et bien sûr... des choses à grignoter.


Nous avons pensé la Box LDM (Lire - Discuter - Manger) pour toutes ces personnes qui venaient sans cesse nous demander : que lis-tu en ce moment ? quel est ton livre préféré ? où puis-je trouver ce que tu lis ? quel livre choisir ? etc.


Tchonté et moi y avons mis du coeur et j'ai compris que je pouvais vendre des produits que j'aurais accueilli moi-même avec grand plaisir.


Alors si vous pensez que vous ne pouvez pas vendre, je vous dirais que vous n'avez peut-être pas encore trouvé ce que vous aurez vraiment envie de vendre aux gens parce que vous savez que ça leur apportera un plus.


Pour ce qui est des techniques de vente, vous pourrez toujours vous former sur le tas ou en ligne !



2. Si vous devez avoir un partenaire, choisissez extrêmement bien.


Je vous avoue que quand j'ai eu envie de faire ce business, je suis instinctivement allée voir Tchonté. C'était naturel et logique, la seule personne que je connais bien, qui aime lire et manger plus que moi... c'est elle.


Dès que je lui en ai parlé, elle m'a répondu qu'elle aussi avait ce projet en tête. Surprise ? Pas vraiment, c'était logique aussi qu'elle ait eu cette idée.


On décide donc de le faire ensemble. Et je réalise au fur et à mesure qu'on s'est bien choisies sans même s'en rendre compte.


Ce n'est pas mauvais de sélectionner un partenaire sur la base de l'amitié et des passions communes, mais je vais vous dire ce qui, selon moi, fait marcher notre collaboration à toutes les deux.


- Nous sommes complémentaires.


Tchonté a un bachelor en finances et moi un BAC+5 en marketing. Elle est douée avec les chiffres et moi avec ce qui est de fabriquer / présenter notre produit de sorte à ce qu'il attire le client.


C'est elle qui cherchait les magasins où on pouvait avoir nos accessoires à moindre coût tandis que moi je voulais glisser des petits mots personnalisés dans les box pour que chaque client se sente spécial...


- Nous communiquons et nous faisons des compromis.


Je me souviens qu'une ou deux fois, Tchonté a acheté des livres pour la box sans m'en parler. Je m'en suis rendu compte quand elle m'a envoyé les photos. Je ne l'ai pas bien pris mais je n'en ai pas parlé tout de suite parce que de mon point de vue, elle lit plus que moi et donc est plus à même de faire de meilleurs choix de livres pour la box.


En plus, parce qu'elle gérait la box à 100% à l'époque (des achats aux livraisons), je ne me sentais pas très légitime à m'y opposer. Puis un jour, je lui ai sorti ça dans une blague et tout de suite elle a réalisé qu'elle l'avait vraiment fait sans mon "ok".


Tchonté agit beaucoup plus vite que moi. La preuve, quand je lui ai parlé de la box, j'en étais encore à penser au packaging, aux comptes sur les réseaux sociaux qu'on pouvait créer... qu'elle avait déjà balancé la nouvelle sur ses comptes.


C'est aussi ça qui fait qu'on avance. Je réflechis beaucoup trop et elle, elle est proactive. J'ai donc compris qu'elle avait acheté les livres de façon naturelle, sans même y penser, parce qu'il fallait restocker face à la grande demande dans ses inbox.


J'ai passé l'éponge et depuis, on choisit toujours ensemble. Il n'y a pas eu besoin de fuss and fight.


Donc... si vous vous lancez avec un partenaire, choisissez bien vos mots pour pointer du doigt ce que vous n'avez pas apprécié dans les agissements de l'autre et mettez-vous à sa place pour le comprendre et passer au-dessus des petits obstacles du quotidien.


- Nous avons la même vision.


Il ne suffit pas de se dire " j'aime les sacs, ma copine aime les sacs, nous allons en vendre ensemble ".


Et si votre copine aime les produits de luxe, de marque et ne veut vendre que ceux-là alors que vous voulez plus vous adresser aux petits budgets ?


Et si vous voulez mettre en avant les talents des artisans locaux alors que votre amie veut ramener les marques internationales à Abidjan ? Et bien, ça ne marchera probablement pas.


Ne choisissez pas seulement sur la base de goûts communs mais surtout sur la base d'une vision commune. Tchonté et moi avions toutes les deux envie de proposer une full expérience à nos acheteurs.


Elle aurait pu vouloir vendre seulement des livres par exemple... mais ensemble, nous voulions proposer plus que ça. Nous voulions offrir une box qui offrirait tout ce dont une personne a besoin pour vivre un moment de qualité devant un livre.





3. C'est le pied de s'associer avec un(e) influenceur(euse).


Je n'avais pas non plus étudié cet aspect des choses (parce que pour moi, c'est juste Mireille, mon amie) mais le fait que Tchonté soit une influenceuse littéraire nous facilite bêtement la tâche.


Elle n'a qu'à faire un retour que les livres qu'elle a lus et qu'on propose, puis les gens se les arrachent comme des petits pains. Ils font confiance à son goût, à son jugement. Ils la savent honnête dans ses retours et ils lui donnent leur argent les yeux fermés.


Je ne vous dis pas de ne vous associer qu'avec eux, mais au cas où vous voudriez travailler avec des influenceurs (comme brand ambassadors, média de communication ou partenaires), choisissez quelqu'un qui a un vrai pouvoir de recommandation dans son domaine (quand il présente un produit, les gens l'achètent) et pas juste quelqu'un qui est populaire sur les réseaux.



4. Avoir un side gig (une affaire à côté du boulot), c'est duuur.


C'est la première activité commerciale que je fais en dehors du podcast et quand j'ai repris la main sur le fonctionnement de l'affaire (ma copine a commencé à travailler à UNICEF oh), j'ai recommencé à faire des crises de panique, lol.


Les gens se diront sûrement que c'est bizarre parce qu'en plus que des marques-pages que je vends, je fais des podcasts et je tiens un "blog". Mais ce n'est pas du tout pareil.


Je suis une cliente qui aime les choses pointues et regarde aux détails. Même pour mes marques-pages je fais chier mes fournisseurs pour avoir un produit impeccable. Alors pour ces box, je me mettais un stress de fou pour que tout soit parfait.


De la façon dont je plaçais les articles dans les cartons aux délais de livraison. Je voulais que tout roule comme prévu mais guess what ? La vie rigole quand on essaie de faire ça. Parce que les imprévus, c'est tout ce qu'il y a de plus sûr.


Mais sur conseil de Tchonté, j'ai lâché la bride, ai fait de mon mieux et ai laissé les choses se faire lentement mais sûrement.



5. Il y aura des échecs.


Petits ou grands, il y en aura. Des livraisons qui se passent mal, des clients qui décommandent, des livres abîmés à cause de la pluie, etc.


Mais si on est ingénieux et patients, une solution se faufile toujours à l'horizon.



Voilà, c'est un peu tout ce que j'avais à dire. Je vous reviendrai s'il y a d'autres couacs qui me foutent des baffes dans cette histoire de commerce, haha.

  • Sakina Traoré

Hello !


I dan sé (bienvenue) sur Les Défis de Sakina.


Aujourd'hui, je vais répondre le plus clairement possible à une question qui revient beaucoup dans mes DMs en ce moment : de quoi ai-je besoin pour créer et produire mon propre podcast ?


J'ai lancé MDR, le podcast sur la vingtaine il y a un peu plus d'un an aujourd'hui (septembre 2019). Et si au départ, je ne recevais de messages que de mes auditeurs, depuis un certain temps, je remarque que la création de podcasts intéresse de plus en plus les Ivoiriens.


J'en vois beaucoup venir sur la toile et parfois, c'est à moi qu'on vient demander des conseils et des recommandations.


J'en suis honorée mais pour éviter de me répéter à chaque fois et pour que vous puissiez revenir facilement à l'information quand vous le souhaitez, je vous mets toutes les informations que j'ai ici !


Alors, comment créer, produire, distribuer... votre podcast ?



1. Concevoir votre podcast


- Définissez clairement ce sur quoi il portera (mode, développement personnel, faits divers...). C'est important que les gens sachent à quoi s'attendre en venant vers vous.


- Trouvez un nom, de préférence un nom évocateur, qui dira tout de suite de quoi va parler le podcast (mais vous pouvez aussi choisir un nom bateau comme MDR, lol).


- Définissez la fréquence de publication de vos épisodes (1 par mois, par semaine ,etc.).


- Définissez la durée moyenne de votre podcast.


Ce serait bien que vos auditeurs sachent combien de temps ils vont passer généralement à vous écouter, comme ça ils peuvent mieux planifier leur écoute sur d'autres tâches de leur quotidien ; par exemple, si votre podcast fait toujours environ 30 minutes, ils peuvent choisir de l'écouter sur le chemin du boulot le matin.


Mais je vous avoue qu'avec le temps, moi je suis passée d'épisodes de 10 minutes à des épisodes de 45 minutes à 1h. Donc ce n'est pas vraiment pas quelque chose de figé, vous pouvez adapter au fur et à mesure.


- Serez-vous le seul intervenant dans votre podcast ou allez-vous recevoir des guests par moments (ou tout le temps) ?


- Voulez-vous avoir une façon bien spécifique à vous d'ouvrir et de fermer votre podcast ? Un générique, une musique signature tout au long du podcast, une phrase que vous répéterez à chaque fois (cela peut rajouter quelque chose d'unique à votre contenu. Pensez-y mais ne vous stressez pas pour ça. Le fond, c'est ça le plus important).


Mon ancien générique, proposé par mon ingé son de l'époque était un morceau d'une chanson d'Ali Farka Touré.


Le nouveau générique qu'on a lancé avec la saison 3 a été composé par DezerOnThe Track. Je lui ai envoyé des liens de musique que j'aimais bien et il m'a sorti ma petite pépite. Vous pouvez le contacter à dezermusicsh@gmail.com.


- Créez l'identité graphique de votre podcast (tout l'univers images + nom + slogan + polices...) de votre podcast. J'utilise Canva pour ça. Un outil magique !




2. Produisez votre podcast


Il y a trois moyens de produire votre podcast :


- Allez en studio !


Eh oui, c'est ce que je faisais pour le début de MDR. Allez dans un studio d'enregistrement (où les spots radios et les chansons sont enregistrées), asseyez-vous et enregistrez.


Ce qui est bien avec cette option, c'est que vous n'aurez pas à vous soucier de tout ce qui est post production (traiter le fichier, monter, etc.). Votre ingé son se chargera de tout ça pour vous.


Moi j'enregistrais avec Mamicy Studio à la Riviera Attoban pour 15 000 F l'heure (le prix peut varier en fonction du travail qu'il aura à faire pour vous).


Le proprio est exceptionnel. Il m'a aidée à trouver mon premier générique, me guidait quand je parlais, me donnait son opinion sur mon énergie, mes formulations, mes intonations, mettaient mes guests à l'aise.


Bref, une vraie perle. Et il m'envoyait mes fichiers audios fin prêts à être postés. Vous pouvez le contacter au 0101308842, il s'appelle Gonzales, dites-lui que vous venez de ma part :)


- Sortez votre smartphone et vos écouteurs.


C'est aussi simple que ça. Si vous avez une application d'enregistrement vocal (vous pouvez toujours en télécharger une), vous pouvez enregistrer avec vos écouteurs. Vous n'aurez pas une qualité d'émission radio mais vos épisodes seront tout à fait potables.


Veillez juste à trouver un endroit TRES CALME pour enregistrer. Tous les petits bruits seront audibles donc faites attention au vent du ventilateur, au bruit du climatiseur, au bébé qui babille, etc.


- Ordinateur + Micro USB + Casque + logiciel d'enregistrement, le combo gagnant


La troisième option est de vous faire votre mini home studio. Pour ça, il faut juste un ordinateur, un micro USB à brancher à cet ordinateur, un casque audio et un logiciel d'enregristrement / traitement.


Moi j'ai un PC Huawei tout ce qu'il y a de plus normal, le microphone USB Blue Yeti et un casque audio JBL.


WARNING : Le Blue Yeti est un micro TRES SENSIBLE au bruit. Il vous faudra un endroit parfaitement calme pour enregistrer.


Si vous voulez d'autres suggestions de micros, tapez juste "meilleur micro pour podcast" ou "best microphone for podcast" sur Google et vous aurez des réponses.


Ensuite, pour enregistrer et traiter mes fichiers, j'utilise le logiciel Audacity. Il est disponible pour PC et MAC. Vous pouvez aussi checker FL Studio ou Adobe Audition.


J'ai appris 50% de ce qu'il me fallait pour traiter mes fichiers avec un ami qui fait des vidéos et 50% sur YouTube. YouTube vous dira tout mes amis ! Il suffit de taper les mots clés selon ce que vous cherchez.


Sinon la base pour avoir de bons fichiers audio, c'est au moment de l'enregistrement. Assurez-vous que les intervenants sont bien audibles, qu'ils parlent bien dans le micro, qu'ils articulent, qu'il n'y ait pas de bruit, etc. Vous aurez déjà fait 80% du boulot.




3. Hébergez votre podcast


Héberger votre podcast, c'est littéralement trouver une plateforme où le mettre en ligne pour que les gens puissent y accéder via un lien.


J'ai hébergé MDR, le podcast sur la vingtaine sur Ausha pendant les deux premières saisons. J'avais choisi la formule payante de 11 euros soit environ 7000 F par mois.


Pourquoi Ausha ? Parce que tu peux lier ta page Facebook et ton compte Twitter à Ausha et que la plateforme te permet de créer des fichiers vidéos automatiquement avec des extraits de 30 secondes max de ton podcast.


Vu que les réseaux sociaux ne permettent pas de publier des audios, cette version vidéo te permettra de faire ta communication plus aisément.


Aujourd'hui, j'héberge sur Anchor (ils ont même une appli) parce que c'est gratuit, lol, même si j'avoue que tout était un peu plus facile avec Ausha.


Anchor a normalement une fonction qui permet de générer aussi des extraits vidéos du podcast pour le partager sur les RS mais je pense qu'elle n'est pas disponible en CIV.


Vous pouvez simplement publier votre podcast sur votre site internet ou votre blog si vous voulez mais l'héberger sur une plateforme comme Ausha ou Anchor vous permettra d'être diffusé sur Apple Podcasts, Google Podcasts, Spotify, Deezer, etc.


Donc vos auditeurs pourront vous trouver et vous écouter plus facilement en plus de recevoir des notifications à chaque nouvel épisode.


PS : J'utilise maintenant Soundwise pour créer des fichiers vidéos de mon podcast. Je coupe l'extrait de 30 secondes moi-même dans Audacity et je fais sur le site de soundwise. En 5 minutes à peine, je reçois un email avec le lien pour télécharger ma vidéo prête.



Quelques petits conseils supplémentaires


  • Commencez petit.

Que ce soit au niveau de la longueur des épisodes ou de la fréquence des publications, commencez petit.


J'avais commencé par de petits épisodes mais je publiais une fois par semaine, le rythme a très vite été trop contraignant pour moi. Aujourd'hui je suis à 2 publications par mois et ça me va mieux !


  • Articulez et veillez à avoir un bon débit

Ne parlez pas trop fort, trop bas, trop lentement, trop vite... ça peut être un exercice difficile mais imaginez-vous avoir un auditeur en face de vous et parlez pour qu'on vous comprenne.


Si vous avez des problèmes d'articulation, travaillez sur ça parce que ce ne sera pas du tout intéressant de vous écouter sinon.


  • Vérifiez vos informations

Pour tisser une relation de confiance avec vos auditeurs, ne racontez pas de choses sur lesquelles vous n'avez aucun savoir ; surtout s'il s'agit de choses importantes.


Voilà voilà, en espérant que tout ça vous permettra de créer un podcast qui déchire !

  • Sakina Traoré

Cela faisait déjà deux mois qu’Assia et Franck avaient passé l’épreuve du carnet.


Comme l’avait pressenti la jeune femme, ils trouvèrent assez facilement, chacun de leur côté, les réponses aux questions préparées par maman Assata.


Ils avaient depuis le début décidé, de se marier à l’église et à la mosquée, d’honorer leurs deux croyances.


Ils avaient également convenu d’avoir chacun du temps libre avec leurs enfants pour leur enseigner les deux religions ; de célébrer toutes les fêtes religieuses, de laisser chaque enfant choisir une religion à partir de ses 16 ans puis de l’encourager à pratiquer celle sur laquelle il aurait porté son choix.


Tout était clair, équitable, respectueux des bases de chacun.


Maman Assata avait elle aussi respecté sa part du contrat. Quand elle eut la preuve qu’ils avaient abordé les questions les plus difficiles pour une union comme la leur, elle leur donna son go et ne protesta plus.


Elle avait fini par se dire que la volonté de Dieu se ferait dans tous les cas. Que si ces deux-là étaient destinés à être ensemble, ils le seraient. Alors autant ne pas ruiner sa relation avec sa fille unique pour quelque chose qu’elle ne pouvait pas contrôler.


Depuis quelques semaines donc, les familles Aké et Mangara organisaient le mariage de leurs enfants.


Comme les pourparlers et les négociations avec la mère de future mariée avaient pris du temps, presque 8 mois, les choses allaient plutôt vite.


Assia, confiante en l’avenir, n’avait jamais cessé de préparer son mariage. Les couleurs, le lieu, le traiteur… elle avait déjà une idée précise pour presque tout.


Le grand jour aurait donc lieu bien vite, dans à peine 8 semaines. Les deux futurs époux étaient extatiques. Pour la première depuis bien longtemps, ils étaient heureux et envisageaient l’avenir avec beaucoup plus de sérénité.


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En cette journée ensoleillée de samedi, Assia était en pleins essayages pour sa robe de mariée. Un jour qu’elle avait rêvé des milliers de fois dans son adolescence, un jour qui n’aurait pas pu être plus parfait pour elle.


Entourée de ses deux cousines les plus proches et de sa meilleure amie, elle passait en revue la dernière collection de Moussokô pour femmes voilées. De la dentelle au satin en passant par la soie, tout la faisait rêver et elle avait hâte de trouver LA robe.


Après 30 minutes dans le magasin pourtant, elle n’avait toujours pas fait son choix. Les tenues étaient toutes magnifiques mais aucune ne l’avait laissée bouche bée.


La déception prenait le pas sur son engouement du début quand la propriétaire du magasin vint la voir, tout sourire !


- Madame Mangara ! Vraiment la grâce d’Allah est sur vous !


Surprises, Assia et ses accompagnatrices la regardaient avec curiosité.


- Une de mes clientes vient de m’appeler. Elle va finalement se marier à l’étranger et elle préfère prendre sa robe sur place. Je pense que celle qu’elle avait réservée ici sera parfaite pour vous !


A peine avait-elle lancé la nouvelle qu’une des vendeuses arriva dans la pièce avec une robe en main. Couleur ivoire, faite de satin et décorée de perles et de motifs couleur nacre, elle était fluide et élégante.


Assia tomba amoureuse à l’instant où son regard se posa sur la tenue. Puis quand elle l’enfila, tout le monde s’accorda pour dire qu’elle lui allait comme un gant. Comme faite pour elle…


La jeune femme flottait sur un nuage. Ce grand pas de plus, cette chance tombée du ciel venait comme confirmer qu’elle suivait la bonne voie.


Elle était toujours en pleine euphorie, s’admirant dans le miroir en pied de la boutique quand son téléphone sonna. Massara, l’une de ses cousines, lui apporta l’appareil. C’était Franck.


- Bébé ! dit-elle avec excitation


Mais il ne répondit pas tout de suite. Seul un grand soupir accueillit la voix d’Assia.


- Franck ?


- Il faut qu’on parle Assia


- Qu’est-ce qu’il y a bébé ?


Sa voix était presque sans vie. On aurait dit que chaque mot lui prenait une tonne d’énergie.


- Franck, bébé, parle-moi…


- On est tous les deux AS…


Assia eut l’impression qu’on déversa un sac de glace sur elle. Le froid prit soudain possession de son corps et elle ne sut pas quoi dire.


- Je ne peux pas Assia… je ne sais plus… je ne peux pas prendre le risque de revivre ça…


- Franck, bébé s’il te plaît calme-toi. J’arrive, dis-moi où tu es !


Pendant qu’elle essayait de le calmer, de sortir de sa robe et d’aller le retrouver, les pensées se bousculaient dans sa tête.


Franck avait perdu deux de ses frères et sœurs à cause de la drépanocytose. C’est une blessure qui n’avait jamais vraiment cicatrisé et il en a voulu pendant longtemps à ses parents de les avoir mis dans cette situation.


C’était un manque de précaution dont il s’était promis de ne jamais faire preuve. Aussi, dès que maman Assata avait donné son accord, il avait insisté pour qu’ils fassent leur test d’électrophorèse de l’hémoglobine.


Il disait en rigolant qu’il était sûr qu’ils étaient compatibles mais qu’il voulait en avoir la preuve sur papier. Et aujourd’hui, voilà que leurs enfants avaient une chance sur trois de vivre une vie pénible à cause de cette maladie.


Comment allaient-ils se sortir de ce nouveau pétrin ?


Son fiancé et elle étaient gaga des enfants. Ils en parlaient et en rêvaient ensemble depuis des années.


Qu’allaient-ils faire ? Se marier quand même et ne pas avoir d’enfants ? Se séparer après tout ce qu’ils avaient enduré ?


Vivraient-ils vraiment heureux sans descendance ? Ou Franck serait-il ouvert à l’idée d’adopter ? Et elle-même, serait-elle ouverte à l’idée de ne jamais porter d’enfants ?


En démarrant sa voiture, Assia pensa, inquiète à en mourir : La différence de religions n’a pas suffi à nous séparer. La science réussira t-elle ?


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